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Françoise Johnen
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_Je respire l'horizon hiver 2006



je respire l'horizon je marche sur le ciel sur un paravent chinois laqué j'ai vu une momie et le sarcophage d'une danseuse je me lève dans le vert du basilic ai-je souhaité sa mort un autocollant apposé sur ma chaise ne jamais s'arrêter le bruit supportable des grillons je lui ai ramené un scarabée je cherche un titre c'est un effort du cerveau que de se libérer de l'emprise de sa raison un loup tué par un berger qui l'a confondu avec un chien les cartes postales témoignent de notre vie sociale connexion en cours racontez-moi une histoire une jeune actrice vietnamienne nous sommes ensemble bleuduciel je voudrais tout dire et Virginia Woolf et Albertine Sarrazin car mon corps car ma peau que dire d'autre j'ai rangé la chambre des enfants ensuite il me faudra ranger le grenier c'est l'effet des vases communicants la rassuration j'écris des poèmes il me semble que je vais étouffer il a visité un prisonnier un masque africain ceux de Boulogne-sur-mer venaient de l'archipel Kadiak ma route a croisé celle d'un cheval j'ai vu sa crinière blanche au vent d'abord j'ai cru que c'était une licorne les retrouvailles avec Catherine J. avec elle je me sens bien je me suis tout de suite sentie bien elle est passée me rendre ma clef deux bigotes occupées à converser sur un blanc c'est gai j'utilise cette expression nous avons bu un thé -lui un café- dans un bistrot de marins du saucisson lyonnais de la poussière les enfants sont au lit je le verrai demain consommer et produire des déchets il faut enrayer ce processus je croule sous les objets ils m'étouffent les gens n'ont pas d'importance Hector viendra-t-il demain livrer les livres je suis impatiente de découvrir les quatrains d'Emily Dickinson nos amis sont rentrés de vacances j'écris quand les enfants dorment une montre russe qu'il m'a offerte quand est-ce qu'on va se baigner serait-ce déjà les prémices de sa crise d'adolescence soudain nous étions devenus le paysage les productions de notre corps on se prête vite au jeu la reproduction exacte des fleurs sur le rideau projetée par le soleil ce ne sont que des effets de la lumière je veux tous les playmobil on ne peut plus s'arrêter je lis Kenneth White qui a raison la géopoésie qu'est-ce que je suis fatiguée je suis fatiguée le linge à plier les arbres avaient été élagués j'ai lu à François avant qu'il s'endorme plusieurs poèmes la poétique de la pluie est très belle la retenir la poésie suffit à la vie je ne dirai rien de plus on s'entend bien comme dans mes rêves ce rêve récurrent la lettre à un jeune poète les lettres à un jeune poète feuilles volantes j'ai peur je ne sais pas de quoi exactement j'ai toujours peur j'ai entendu son pas peut-être est-ce dû à la reprise des « obligations sociales » un coup de déprime je voudrais dormir être avec s'asseoir dans les escaliers côte à côte on peut parler trop de plantes car dire c'est dire la vie trop de mots m'écoeurent je ne les digère pas je les mâche et les remâche quitter tout autant du crin de cheval une nouvelle voiture elle est rouge j'adore écrire j'ai commencé un nouveau carnet elle a l'air sympathique tout juste 1,20 mètre sur 1,20 mètre il faut dormir maintenant les mots des autres un caillou qui m'attendait une fleur sauvage le cottage Eugénio de Andrade je suis contente de garder ma chambre la présence à soi et la présence au monde une voie pas un modèle ma fatigue revient en force trouver une manière d'être au monde café lumière le café que fréquentait le compositeur (taïwanais) Jiang Wen-Ye une manière d'être femme discrète et solitaire je n'entends plus rien saison blanche pauvres mains je devrais faire plus confiance aux mots que j'écris respirer ouvrir les épaules revenir souvent à la surface chercher de l'air je range ma vie dans des tiroirs il y a là quelque chose qui jamais ne me laisse en paix lorsqu'on s'aperçoit que le mystère des gens n'était qu'une absence de mystère la déception nous viendrons je parle à M. au téléphone finalement j'aime bien ce sentiment de retrait hors du monde (indolence) il me protège il n'est pas exempt d'un peu de tristesse donnez-moi des nouvelles je l'ai souvent entendu prononcer cette phrase je porte à B. une sélection de contes qui seront exposés le tronc du noyer inventaire des choses délicieuses le monde des arbres inventaire des noms d'arbres cimetière l'animation des vivants de quoi se souviennent-ils de la totalité de l'être disparu ? de son essence ? des bonnes ou des mauvaises choses ? de leurs regrets, leurs remords ? je me souviens des derniers mots de mon père au téléphone je me souviens qu'il aimait rouler en voiture je me souviens de ses cheveux blancs ébouriffés lorsqu'il jardinait je me souviens de sa colère (parfois) salle communale 1926 fatigue satanée fatigue est-elle une prévention ? un signal d'alarme ? un symptôme ? comprendre le processus de la respiration l'échange d'air entre l'intérieur et l'extérieur chez l'homme cela se fait par les poumons organe interne / chez l'arbre par l'extérieur le tronc l'écorce la feuille place Alphonse Lemmens assise sous les platanes atelier de Manuel E. quelque chose de très égocentrique (triste ?) il a quitté le Chili en 80 les doux moments du passé de Carlos Saura le rétrécissement de la maison la première image de la Belgique est un type habillé en noir à vélo série d'immenses forêts dans lesquelles il passait toujours quelqu'un à vélo les arbres devenaient des barreaux de prison c'était plus doux ? paradisiaque vendeur de chaussettes famille simple de la périphérie de la capitale un cheval aux pattes avant cassées couché sur le flanc l'éléphant dans le chariot la résistance en chantant la solidarité les mammas du quartier en alphabétisation Vingeres de los Andes le baobab ? une vierge ajoutée la poêle la vierge la foule la passoire l'enfance la société les troncs-prisons la ronde la chevelure d'une comète les flammes la coulée de sang une superbe rousse les deux boxeurs enterrés jusqu'aux mollets qui se battent à mort Goya les peintures noires vierge de dos des chevelures noires ½ citron autour de la tête l'occultation le noir/blanc l'obscure lumière l'eau le feu l'air la terre pénis en sang la foule en tout petit ½ citron ou une rondelle d'orange sAcrAlisAtion de l'obscur Jérôme Bosch penser à Raul Ruiz le catholicisme de ces pays d'Amérique du Sud l'enfer total je jette mes petites vierges la colombe de la paix passée au goudron d'immenses paysages l'espace la ligne d'horizon nadar en tu alma Clara Pinkola Estes Femmes qui courent avec les loups Cirque Florilegio dimanche 11 h spectacle pour enfants prix unique 7 euros une envie de marcher dans les feuilles sèches de les entendre craquer sous mes pas bois de la Houssière les arbres me réoxygènent l'impression de vivre dans une carapace sans que rien me touche vraiment une distance entre moi et les choses les gens qui me protège tout ce qui exalte enthousiasme émeut les autres je me dis que je suis incapable de jouer à ce grand jeu (jeu de la vie ?) ce qui m'émeut ? les feuilles de hêtre ne sont pas les feuilles de chêne ne sont pas les feuilles de châtaignier ne sont pas les feuilles d'érable ne sont pas les feuilles de bouleau ne sont pas pitta dürüm et retsina la flopée de touristes sur la grand-place un titre pour l'expo de Manuel te amo te odo les arbres m'émeuvent les nuages m'émeuvent remettre de l'ordre / mettre de l'ordre / ordonner la crise de 18 heures prêté à Géraldine Le roi se meurt En attendant Godot et Cuisine et Dépendances une carte de Catherine J. d'Angleterre ma grand-mère paternelle Irma Coppens décédée le 28.8.1980 tombe n° 4068 pelouse 1 rang 13 tombe 21 mon grand-père paternel Maurice Johnen décédé le 16.07.1971 tombe n° 2501 pelouse 27 rang 3 tombe 29 demeurée introuvable ou illisible ma mère me dit qu'il n'est pas enterré là Cathédrale Notre-Dame de Laon Faites que je sois belle et que j'ai des bonnes notes à l'école et que je sois immortelle et que ma famille (...) Chloé Faites que je sorte avec MAXENCE MERCI Sophie J. Vive la picolle et le teshi Fais que j'ai mon BAC et que mes vœux soient exaucés Notre Dame Faites que je guérisse de l'HéPATITE C Merci Joël Faites que je gagne au loto Benoît le 22/2/98 Faite que j'ai mon CAP mon permis et qu'avec Ludo ça marche toujours Sabrina L. souterrains sous la citadelle que Henri IV fit bâtir contre les habitants de Laon les 13 casemates + 1 la poudrière la seconde car la première un ? général ? s'y fit sauter pour « sauver » les soldats la réalité si loin de la plaque commémorative du patchouli une odeur de bois j'ai décidé de respirer l'heure qui dicte nos gestes il est temps de se coucher / temps de manger / temps de partir / temps de prendre sa douche je me sens nulle et bête et stupide suis-je nulle et bête et stupide mais non mais non les questions à ne jamais poser tu m'aimes ? / tu trouves que je suis nulle ? chercher le mot juste aller au fond de soi tout au fond y dénicher le mot celui-là exactement assise en tailleur sur le lit j'entends la frappe hésitante me balancer par la fenêtre j'hésite j'arrache les petites peaux autour de mon pouce (et ça fait mal) chaîne d'associations qu'est-ce que l'intelligence le rapprochement de 2 éléments alors la poésie les tilleuls safran et les sycomores bleus le rapprochement de 2 peaux de 2 certitudes je bâille l'esprit court derrière l'image dans son filet juste un mot du filet le fil et le vide entre les mailles ramification / rapprochement / associations / glissement le lit le petit coffre monacal cela suffit / cela devrait suffire je vais bientôt arrêter je ne pourrais pas te trahir ou alors juste une petite trahison on n'invente jamais rien on compose avec nous ne sommes faits que de morceaux assemblés empruntés le ciment c'est bien moi je plonge dans le pistil du sommeil Celle qui se douche en slip pour ne pas voir son sexe d'homme (Libé 12.01.06) « Me faut-il contenter autrui ou être moi ? » P.Neruda « Les lettres perdues » me souvenir de cette phrase à quoi on pense les milliers de petites pensées comme ça qui arrivent à peine à la surface qui éclatent avant même qu'on en prenne conscience un peu comme les odeurs Le Marteau de Gogol Famille des Bignoniacées Genre catalpa Arbres Bourgeons écailleux Feuilles caduques, rarement persistantes, opposées ou ternées, simples, longuement pétiolées, entières ou grossièrement lobées, à 3-5 nervures partant de la base ; fleurs gamopétales en grappes terminales ; fruits : une capsule cylindriques, très longue et très étroite ; graines munies d'une touffe de longs poils blancs, à chaque extrémité. Le genre se compose d'une dizaine d'espèces habitant les Indes Occidentales, l'Asie Orientale et l'Amérique du Nord. RV 13 heures varicelle chose qui m'énerve : que quelqu'un me dise « ne t'énerve donc pas ! » alors je deviens nerveuse chose qui demande de l'entraînement : être moins gentille : être moins serviable être plus silencieuse me taire quand je ne parle que pour être complaisante ou pour me justifier la matière des mots me blesse, m'agresse, m'entre dans la chair les mots chez moi sont matière je les pétris je les malaxe je tourne leur substance dans ma bouche ils m'épuisent je les mâche les remâche j'en ai la langue fatiguée je rêve d'un instant sans qu'aucun mot ne me vienne à la bouche ils m'écorchent me griffent me saignent qu'on aspire l'intérieur de ma tête les mots naissent-ils de la salive de ma bouche sous ma langue ce sentiment d'irréalité vient-il de la confrontation de l'odeur de feuilles pourries annonçant le printemps un soir de février et d'un néon blafard dans une cuisine glauque les oiseaux chantent à l'heure d'acheter le pain à la crèche les bébés arrêtent de pleurer quand je leur raconte des histoires une odeur d'herbes hautes longtemps après la pluie la vie prosaïque et la vie poétique chaque jour j'emmène quelque chose un objet et je le perds je l'oublie quelque part c'est une manière de se défaire des objets d'arriver au vide mars ma fille adoptive Volubilis l'eau qui dégouline le long des murs « A un ami qui partait, j'offris un coffre ancien, avec ces quelques mots : un coffre tapissé de laque rouge / il n'est pas rempli, j'ai laissé du vide / un espace sans substance, du néant que tu peux combler / ou choisir de ne pas combler et laisser béant(... ) » Anna Moï Saïgon à 4 heures du matin Charlotte Perriand Kakuso Okakure Le livre du thé JM est mort on sait que cela arrivera et pourtant on veut croire que cela n'arrivera jamais décider à 14 ans de sa destinée une tartine au beurre noir tout est bizarre j'oublie les mots qui sera présent à notre enterrement comment rassembler famille amis comment vivre le groupe commence au-delà de 2 personnes j'aime que les gens me parlent d'eux, de leur vie, de leurs doutes, de leurs espoirs , les gens parlent rarement d'eux Sugawara Michizane (845-903), d'amants se quittant au petit jour « Ce qui fait la rosée, ce doit être les larmes de la séparation » avons-nous un nombre de mots maximum inscrits en nous William Cliff « J'ai allumé la lampe et j'ai souri / au vieux métier d'étendre avec de l'encre / des vers qui disent simplement l'envie / d'écrire un peu les choses de la vie » Constantin, désignant un corbillard me dit : « t'as vu le camping-car » c'est une lolita mon premier vendredi de solitude depuis longtemps le même virus Suzuki : une graminée qui porte des fleurs en panache mon père s'était coupé les ongles en dents de scie pour amuser ma grand-mère, sa belle-mère ma mère écrivait de petits messages sur du fin papier à cigarettes qu'elle cousait dans les manchettes de la chemise de son père pour communiquer avec lui quand il fut prisonnier pendant la guerre ma mère ne m'a pas appris la confiance François est né le 15 juin 1988 il aurait presque 18 ans ma mère n'exprime pas ses sentiments je n'ai pas de mission j'ai la chance de ne pas avoir vécu de guerre il n'y a personne qui m'explique





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